Brocéliande

Rendez-vous avec la légende

Publié le 10/07/2007
© Texte et photos Didier Houeix

Carnet de route

La magie opère immédiatement. La forêt est là. Elle se laisse approcher. Et qu’importe la porte que l’on emprunte pour entrer dans la légende, car, pour celui qui foule son sol, l’imagination franchira des frontières inavouables. Brocéliande n’est pas une forêt banale. Elle est la porte qui s’ouvre sur le monde des fées et des enchanteurs.

Plélan-le-Grand, bourgade des environs de Rennes, sur le bord de la voie express Ploërmel-Lorient. Voilà le point de départ d’une équipée aussi étrange qu’insolite. Passée l’église, vers Beignon, et prenez à droite, direction de Paimpont. Sur les hauteurs de la D 38, les premières pinèdes apparaissent, et enfin la voici, sous l’arc majestueux d’une frondaison de hêtres et de chênes. Levez le pied ! C’est la porte… Enfin, l’une des portes d’un royaume de songe. Jusqu’à la Révolution, on la nommait forêt de Brécélien. Aujourd’hui, pour la plupart, c’est Brocéliande ou Brec’helean, haut lieu du roman de la Table Ronde, antique forêt disparue des cartes, morcelée par des années de ruralité. Ce roman nous conte l’histoire d’un mythe, le Saint Graal, dissimulé quelque part dans les hautes futaies d’une quête, imaginée vraisemblable. L’épopée chevaleresque révèle aussi l’existence de curieux personnages, korrigans, fées, enchanteurs et chevaliers et, associés à la croyance de leur destinée, une pléiade de lieux mythiques. Pour approcher cette légende qui, dans la nuit de Brocéliande, fait apparaître des lueurs sur les eaux du miroir aux fées, pénétrons quelques-uns d’entre eux. Avec une première énigme : “où se trouve Brocéliande ?”

UNE TROISIEME ENIGME
Sur les cartes, aux données topographiques strictes, aucun nom de cet ordre n’apparaît. Il faut se contenter de celui de forêt de Paimpont. Brocéliande contient dans la plénitude de ses bois des énigmes cachées. Au village de Tréhorenteuc - de Campénéac, suivez la D 134, puis la D 141 - la première est inscrite sur un mur de la petite église : “La porte est en dedans”. A un quart d’heure de marche, voici le Val sans retour. Haut lieu de promenades dominicales, le val est associé à l’existence de la fée Morgane, sœur d’Arthur : elle y enferma bien des amants et nombre de chevaliers. Et comme son nom l’indique, méfiance car, deuxième énigme : “Celui qui pénètre le Val est condamné à ne jamais revenir”. Au nord-ouest, par la D 141, on signale la fontaine de Barenton. Ici, Merlin rencontra Viviane dont il tomba éperdument amoureux. De l’eau claire jaillit par petits bouillonnements. Mais, “Ne dispersez pas cette eau alentour car vous feriez apparaître les foudres de l’orage”, troisième énigme. N’allons pas tout dévoiler : de ce périple, il reste à dénicher l’Hotié de Viviane, le Tombeau et le Siège de Merlin, le Tombeau des Géants, le Rocher des Faux-Amants, le Pied d’Anon, le Hêtre de Ponthus, la Fontaine de Jouvence, le Val des Fées, et bien d’autres mystères. Au village des forges, tendez bien l’oreille : vous entendrez le bruit d’un crépitement. Celui du feu autour duquel, en 1856, près de 420 personnes s’affairaient pour produire 1 200 tonnes de fer. Une autre histoire que l’on vous contera cet été à la fête du fer de Paimpont.

 

Les mystères de Tréhorenteuc

Niché dans le calme de sa vallée, le village de Tréhorenteuc semble émerger d’un autre temps. Il règne ici comme une sorte de tranquillité que seul le bruit des pas des visiteurs vient troubler. Et il y a ces indices troublants. Ce manoir, par exemple : la bâtisse du XVIe siècle, soutenue par un porche, apparaît sur un des tableaux de la petite église. Construite un siècle plus tard, restaurée par l’abbé Henri Gillard - une statue commémore ce bienfaiteur -, elle reçoit des centaines de curieux qui, pénétrant sous sa voûte de bois, tombent nez à nez avec une mosaïque de Delpech (1957), représentant un grand cerf blanc au collier d’or entouré de quatre lions rouges, placés à la fontaine de Barenton. Chacun tente de décrypter la foule de symboles que contient l’édifice. Et notre tableau, il est là, quatrième station du chemin de croix du Christ. Un chemin bien singulier réalisé par deux prisonniers allemands, Karl Rezabeck (peintre)
et Peter Wisdorf (menuisier). Chaque étape est illustrée d’un indice puisé dans la campagne de Tréhorenteuc ou dans l’histoire légendaire de la forêt. Ainsi, on y voit Jésus s’écroulant sous le poids de sa croix devant la fée Morgane. Le vitrail de la Table Ronde et la représentation du Saint Graal continueront eux aussi d’entretenir longtemps l’imaginaire de Tréhorenteuc.

Infos Pratiques


CARNET DE BORD
Accès

*De Rennes : direction Plélan-le-Grand par la N 24.
*De Vannes : direction Ploërmel par la N 166. À Ploërmel, prendre Campénéac.

A voir
*Balade guidée et contée des hauts lieux de la forêt de Brocéliande-Tréhorenteuc.
Du jeudi 15 juin 2006 au vendredi 15 septembre 2006 avec “Détente & Découverte”.

Carte
*IGN 1/25 000 - 1119 O Guer - 1019 E Paimpont - 1019 O Ploërmel - 1018 E Saint-Méen-le-Grand

ADRESSES UTILES
*Syndicat d’initiative de Paimpont-Brocéliande
Tél. 02 99 07 84 23 - www.paimpont.fr
*Office de tourisme de Tréhorenteuc-Mauron
Tél : 02 97 93 05 12 - 02 97 93 08 00
www.valsansretour.com
www.broceliande-pays.com

EXTRAIT DU MAGAZINE
TERRE DE BRETAGNE HORS SERIE N°3

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