Camaret

Une destination dans le vent

Publié le 17/04/2007
© Texte et photos Didier Houeix

Carnet de route
Nichée dans l’anse qui porte son nom, Camaret est la reliure d’un livre ouvert sur l’Ouest océanique. À Camaret bat le cœur de cette croix minérale dont les contours sont connus des marins du monde entier.

Passionnés d’histoire, dessinateurs ou peintres, amateurs de randonnée et de couchers de soleil devant l’océan, vous allez en prendre plein les yeux ! Il existe deux Camaret : Camaret-sur-Aigues en Vaucluse et Camaret-sur-Mer qui inspira les peintres Eugène Boudin et Maximilien Luce. Kameled, le port courbé en breton, sera donc votre camp de base, idéal pour graviter en direction des points forts de la presqu’île de Crozon. Sur le sillon, de superbes coques en bois de vieux langoustiers témoignent de cette pêche à “la verte” au large du Portugal, de la Mauritanie et du Cap-Vert, et des îles Scilly, Sorlingues, au large de la Cornouaille, pour “la langouste rouge”. Une réplique existe. Embarquez à bord de La Belle Étoile pour une navigation d’un autre temps. La presqu’île de Crozon est dessinée pour la contemplation. Les géologues parcourent son tracé, marqué d’importants bouleversements terrestres, et sur les hauteurs des “Quatre vents”, admirent le cœur d’une étonnante couche de plis de grès et de schistes : l’Anticlinal des falaises de la Mort Anglaise. Redoutée des marins, la presqu’île sera un bon moyen de prendre la vraie mesure de ce qu’est le grand large. En voiture, il est facile de se diriger vers ces belvédères naturels que sont les pointes des Espagnols, du Toulinguet, Penhir, Dinan, Lostmac’h, du cap de la Chèvre, de Saint-Hernot et Morgat. Ensuite, vous entamerez à pied les promenades qui mènent vers ces merveilles de la nature.

A 70 M AU-DESSUS DU VIDE
Aucune raison de se perdre, le panorama vous sert de boussole. Un conseil toutefois, soyez très vigilants avec les enfants. Le terrain accidenté est très dangereux en dehors des sentiers, et présente des risques inévitables de chute. Un matin, choisissez la D 355 vers le Nord et la presqu’île de Quélern. Couverte de lande, parsemée de fortifications, elle fermait l’entrée de la rade de Brest. Ici, c’est “chasse gardée” : école navale, terrains d’entraînement des commandos de marine, île Longue, la zone est très militarisée. Seule la bordure littorale est ouverte à la circulation du public. Passez les Capucins avant, à la pointe des Espagnols. De petits fortins militaires et une table d’orientation, vous y êtes. La vue est imprenable sur Brest dans un décor de grues géantes et de navires militaires. Ensuite, rendez-vous à la pointe de Penhir, par la D 8, avec une halte sur la lande de Porz Naye face au Grand Gouin. Les bons marcheurs partiront de la plage du Corréjou. Sur les hauteurs de Pen-Hat, vous n’échapperez pas à la tentation. Un ensemble de ruines attise la curiosité : une bâtisse avec tourelles et façades décrépites est la proie favorite des courants d’air, après avoir été celle des flammes pendant la seconde guerre. Voici Coecilian, manoir du poète Saint-Pol-Roux, ou du moins ce qu’il en reste. Lagatjar et sa quarantaine de menhirs sont à deux pas. Penhir… Vous êtes à 70 m au-dessus du vide et du bouillon de l’océan. Dans le prolongement, ar Berniou-Pez, les Tas de Pois. Près de ces pyramides, deux bouées rose fluo : l’endroit est fréquenté par des plongeurs en apnée. Entre les Tas, un petit caboteur passe, poussé par le jus. Il file vers Douarnenez, mais c’est déjà une autre histoire...

Sauvée par Vauban

A la pointe du “Sillon”, la chapelle Notre-Dame-de-Rocamadour et la tour Vauban soulignent le décor de la baie. Rocamadour… Deux hypothèses s’affrontent sur l’origine du nom. La première : l’abbé Guillaume de Daoulas serait à l’origine de sa construction, inspiré, sur le chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle, par le sanctuaire du Causse de Gramat, en Quercy. La deuxième, plausible, est linguistique : roch signifiant rocher en breton et dour, l’eau : Notre-Dame-du-Rocher-de-l’eau. En l’an de grâce 1694, une trentaine de navires de guerre et près de quatre-vingt bâtiments de charge anglais mouillent dans la baie. La chapelle sera mutilée de son clocher par une tirade de boulets anglais. Mais à la faveur des trois étages de feu de la tour Vauban, la flotte ennemie est repoussée vers le large. La tour, devenue musée de la Marine, porte encore dans le rouge de son grès les cicatrices d’une histoire de France tumultueuse.

Infos Pratiques


CARNET DE BORD
Accès

*De Brest : voie express N 165. Sortir à la bretelle du Faou,
et D791 par Crozon et Camaret.
*De Quimper : voie express N 165. Sortir à la bretelle de Châteaulin, et D887 par Crozon et Camaret.
*De Rennes : vous pouvez passer par la N 165 via Quimper. Les habitués conseillent la voie express N 12, et la N 164 par Saint-Méen-le-Grand, Loudéac, Carhaix-Plouguer, Pleyben, Châteaulin, Crozon et Camaret.

A voir
*La maison des minéraux de Saint-Hernot
*La tour Vauban

A faire
*Naviguer à bord de “La Belle Étoile”, langoustier camarétois.
Tél. 02 98 27 86 91

Cartes
*IGN 1/25 000 - 0417 ET Brest/Pointe de Saint-Mathieu
*IGN 1/25 000 - 0418 ET Camaret/Presqu’île de Crozon

ADRESSES UTILES
*Office de tourisme de Camaret
Tél. 02 98 27 93 60 - www.camaret-sur-mer.com

EXTRAIT DU MAGAZINE
TERRE DE BRETAGNE HORS SERIE N°3

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