Concarneau

L’âme d’un port

Publié le 15/04/2008
© Texte et photos Didier Houeix

Carnet de route
De Konkarne, une image apparaît, immédiate : celle d’une ville qui plonge vers la mer. Une vision à l’image du grand port de Brest et sa rue de Siam qui descend vers sa rade. Concarneau offre cette vision de l’horizon océanique, solennel, comme un appel à l’embarquement.

Au pied de l’océan, c’est l’histoire de toute une ville qui s’est bâtie et dont les constructions, d’époques bien différentes, permettent de traduire son passé. En premier lieu celui de la ville close. C’est, comment dire ? C’est par elle que tout a commencé. C’est la ville des origines, le premier chapitre de l’histoire des Concarnois. Concarneau est née sur le rocher de sa ville close. Concarneau a grandi parmi les ruelles de son faubourg et plus tard s’est développée sur ses hauteurs. Dès le iie siècle, Concarneau est une place forte religieuse. Ce n’est qu’au xvie qu’apparaît, fort de ses 600 habitants, la ville populeuse, qui aujourd’hui ne compte plus qu’une poignée d’irréductibles résidents. Quant à la formation, à la naissance de la ville moderne, celle qui s’érige et pousse sur les rives, on la doit au développement des conserveries et des divers armements qui s’implantent et génèrent l’économie de la ville. La première viendra de Nantes. Aujourd’hui les conserveries ont disparu, mais Concarneau n’en demeure pas moins le troisième port de pêche fraîche en tonnage de France. Le premier port thonier d’Europe offre une multitude de facettes à découvrir, beaucoup trop pour un non-initié. Alors nous avons appelé à la rescousse Anne-Flore Marziou, guide conférencière, qui nous révèle ses incontournables, et parfois, vous allez le lire ses recommandations originales. Bien sûr lorsqu’on lui demande le lieu qu’il ne faut pas rater, elle pointe du doigt la ville close : “Naturellement. Et tenez, observez, là, ce superbe pont-levis”, sur lequel des milliers de piétons, touristes et Concarnois marchent sans prêter attention à sa présence. Qui dit pont-levis dit place forte, défendue par neuf tours. Quant au beffroi et son imposante horloge, il est la partie la plus récente de la ville close (1906). Intra-muros il reste deux maisons à pans de bois. Elles étaient trop dangereuses car très inflammables. Mais pour les deux qui restent vous pouvez tenter de dénicher le trèfle percé qui les particularise. Il signe qu’une pièce était destinée à faire sécher les filets bleus, ceux de la pêche à la sardine...

Simenon à Concarneau

Simenon apprécia Concarneau au point d’y trouver l’inspiration pour deux de ses ouvrages. Le Chien jaune écrit à Paris pendant l’hiver 1928. L’histoire… Un soir à Concarneau, alors que traîne dans la ville un chien jaune, Mostaguet sort du café de l’Amiral et meurt sous les coups d’un mystérieux fusil. L’affaire justifie l’arrivée de Maigret. L’intérêt de ce roman noir tient pour beaucoup à l’ambiance reconstituée des lieux. Pour écrire le livre, Simenon arpente les quais de Concarneau. En vous promenant au Cabellou, en allant prendre un café à l’Amiral et en flânant sur les quais, vous plongerez dans l’ambiance de Simenon, des petites rues et de cette époque du premier film parlant se déroulant en Bretagne. Emballé, Georges Simenon écrira un second roman Les demoiselles de Concarneau. C’est l’histoire de Jules Guerec, un patron pêcheur qui renverse et tue le petit Joseph Papin. Rongé de remords, il se prend d’amitié pour la famille… de sa victime.

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TERRE DE PROVENCE Hors Série N°4




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