Corbara

La légende, toujours là...

Publié le 29/05/2007
© Texte Anna Grazi Photos Robert Palomba

Village
Adossé au mont Sant-Angelo, Corbara fredonne l’hymne à la Balagne enjouée de sa splendeur. Embrassant un vaste territoire, le village “placé en hauteur” et fréquenté par les corbeaux I Corbi, barrait la route à l’envahisseur. Du haut des rochers, Corbara domine la plaine d’Aregno puis dévale en Algajola et L’Île-Rousse. Mais avant de se dévoiler, Corbara s’annonce par l’étroit boulevard ourlé d’immenses tombes. Depuis longtemps le village du couvent, des musées, des deux châteaux plantés sur du roc, raconte la légende de Davia, enfant enlevée vers 1760 avec sa famille par les barbaresques. Baigné dans les monts d’oliviers, Corbara rappelle qu’il était capitale de Balagne et berceau des Savelli de Guido, descendants des seigneurs de la région. Relié au passé, Corbara détient de belles collections en son musée des Trésors et celui de Guy Savelli. Des merveilles du XVIe et XVIIIe siècles qu’il faut découvrir pour lire l’histoire. Et si la beauté tranquille des cloîtres vous inspire, rentrez au couvent Saint-Dominique. Construit en 1456 par les franciscains, partiellement détruit à la Révolution française puis reconstruit en 1850 par les dominicains, il abrite désormais la communauté de saint Jean. C’est en suivant la D 151 et le tracé de la Via Apia que l’on retrouve le monastère. La statue de saint Dominique accompagne en ce lieu protégé par un épais voile de silence, déchiré chaque année par les jeux d’enfants venus faire retraite avant la communion. Imposant la majesté des bâtiments immaculés, le couvent a accueilli le collège de philosophie et théologie, Maupassant y fit même un court séjour. Au-dessus du couvent, tel un diadème, la Vierge au rocher rallie dans la prière chaque lundi de Pentecôte. Mais Corbara raconte Davia. L’histoire, plutôt les récits relatant la sultane corse, diverge dans une île où légende et réalité sont unies pour le meilleur et le pire. Aujourd’hui encore, Davia l’aimée, capturée puis mariée à l’empereur du Maroc en 1786, hante les esprits. Et la légende est si tenace que le littoral - ses marines - doit son nom à Marthe Franceschini, l’enfant enlevée. Sultane avec rang d’impératrice, la belle alimente le mythe. On est à 5 km d’Île-Rousse et pourtant, si loin en Méditerranée...

Infos Pratiques

EXTRAIT DU
HORS SERIE CORSE N°4

 

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