Etel

La petite mer tranquille

Publié le 10/04/2007
© Texte et photos Didier Houeix

Carnet de route
Cet été, entre Lorient et Carnac, vous franchirez, peut-être, la plus étonnante des rivières morbihannaises. La ria d’Etel, comparable aux avens ou aux abers finistériens, mélange ses eaux douces aux eaux salées du flot montant.

La plupart du temps, les plages de Gâvres et Plouhinec, vers Lorient, d’Erdeven et Penthièvre, vers Carnac, attirent les estivants, séduits par d’immenses espaces dunaires. Mais, lorsqu’on franchit le Pont-Lorois, quelle surprise : la vue sur la ria d’Etel invite à une escapade. Décodez votre carte avant de vous faufiler dans le dédale des petites routes qui irriguent ce parcours. Principaux points de repère : Nostang au nord, Locoal-Mendon à l’est, Belz et Etel au sud, Sainte- Hélène et Plouhinec à l’ouest. Voici les points cardinaux qu’il ne faut pas perdre de vue. Il y a plusieurs manières d’aborder la ria. La plus audacieuse serait de démarrer votre découverte par le fond de la ria. Explorez le bord des vasières et des polders naturels, royaume du tadorne. Stationnez à Nostang, en bas de l’église, et prenez à partir du parking le sentier qui longe le ruisseau, comme un canal en ligne droite. Il ne vous reste plus qu’à suivre le chemin balisé qui mène sur les schorres. Écoutez le silence d’une nature sauvage, car ici, rien ne vient troubler la quiétude des lieux. Puis, de Nostang, par la D 33 et quelques minutes de quatre-voies vers Auray, prenez la bretelle Locoal-Mendon. En sortie du bourg, virez à droite vers Locoal. Ce hameau est un joyau de petit village breton.

L'ILE DE SAINT-CADO
ET SES PRESSIERS DE SARDINES

Dans la presqu’île du Plec, la quenouille de Brigitte dresse ses 4 mètres de haut, capuchonnés d’une étrange sculpture. Elle est, avec la stèle de Prostlon, Pen-Pont, le plus bel exemple protohistorique disséminé dans la campagne et que l’on désigne par “lec’h”, nom plus justement utilisé pour les édifices funéraires des anciens Bretons du Haut Moyen Age. À la pointe de Verdon, respirez l’air marin, brise rafraîchissante qui s’engouffre depuis la barre d’Etel jusqu’ici. De l’autre côté, c’est l’île de la Forest, théâtre de la conspiration chouanne. Ici, sous la pleine lune du 21 mai 1795, leur chef, Georges Cadoudal, fut pris pour cible par un Républicain et blessé à la jambe. La ria est comme une sorte de parenthèse clairsemée de villages. Certains se sont développés grâce à l’élevage des huîtres. Il y a bien longtemps que les Bretons pêchent des coquillages sur les rives d’Etel. Mais il faut attendre le XIXe siècle pour voir apparaître une organisation de l’ostréiculture et l’existence d’une famille de pêcheurs, chassée de Groix, qui, proche de l’étang de Saint-Jean implanta la première de la région. Un conseil, achetez quelques huîtres pour les déguster en plein air à la pointe du Perche. La municipalité de Belz y a installé des tables sur un joli gazon. En face, c’est l’île du Riec. Équipé d’une bonne paire de jumelles, on observe les colonies de hérons gris et d’aigrettes garzette. Saint-Cado est à deux pas, et si vous le souhaitez, installez-vous à la table de ces petits restaurants implantés sur le quai. Dans la chapelle du XIIe siècle, les malentendants implorent la guérison en passant leur tête dans une excavation qui jouxte le lit en pierre de Cado. Ce petit port était autrefois fréquenté par les pressiers de la sardine. Celui d’Etel, résolument tourné vers l’océan, accueillait de nombreux thoniers : on parle de 140 à 250 dundees dans les années 30. Entre les deux rives de Plouhinec et d’Etel, une barre de sable, infranchissable, obstrue l’entrée de la ria. Pour la passer, marins et plaisanciers s’en remettent à la vigilance du sémaphore. Ainsi, la ria d’Etel semble-t-elle signifier à tous, qu’avant de se laisser glisser sur ses eaux courantes, il faut la mériter.

Le cimetière de bateaux de Plouhinec

Elles mouraient “à petit feu” sur la rive d’Etel… Les carcasses en bois de vieux thoniers rappelaient aux passants l’existence d’une activité qui fit longtemps la richesse du pays : la pêche au thon, pratiquée au nord, dans les eaux de la mer d’Irlande et dans le golfe de Gascogne, jusque sur les côtes espagnoles du cap Finisterre. Mais les vieux thoniers ont été croqués par des bulldozers, pour faire place à l’agrandissement du port de plaisance. L’association “Autrefois Etel” invite le public à découvrir, documents, films et photographies à l’appui, cette épopée maritime, dont quelques superbes vestiges gisent sur leur flanc de chêne, figés dans le sable de Plouhinec, juste en face. Longs d’une vingtaine de mètres, équipés d’un grand mât de 16 m et de plus de 200 kg de voilures, jaugeant 45 tonneaux en moyenne, ces bateaux faisaient la fierté d’Etel, qui comptait de nombreuses conserveries de poisson aujourd’hui fermées.

Infos Pratiques


CARNET DE BORD
Accès

*De Rennes : quittez la N 24 à Baud. Prendre la D 24 vers Landévant, puis la D 33 vers Nostang.
*De Lorient : prendre la N 165 en direction de Vannes. Sortir à la bretelle Port-Louis. Suivre la D 781, et prendre la direction de Merlevenez par la D 194. Puis, la D 9 en direction de Pont-Lorois.

A voir
*L’association “Autrefois Etel” - rue Jean Bart
Tél. 02 97 55 26 67
*Le canot de sauvetage de la SNSM sur le port L’entrée du hangar est toujours accessible.

Carte
*IGN 1/25 000 - 0821 OT Presqu’île de Quiberon/Auray/Carnac

ADRESSES UTILES
*Office de tourisme d’Etel - Tél. 02 97 55 23 80
*Mairie de Nostang - Tél. 02 97 65 75 43
*Communauté de Communes de la Ria d’Etel
www.ria-etel.com
www.pays-blavet-ria-etel.com
www.huitres-de-bretagne.com
*La Compagnie des Iles Croisières sur la ria d’Etel
www.compagniedesiles.com

EXTRAIT DU MAGAZINE
TERRE DE BRETAGNE HORS SERIE N°3

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