La Baule

Star européenne

Publié le 29/05/2007
© Texte et photos Lara Brutinot

Carnet de route

Bordée sur ses franges littorales par Le Pouliguen et Pornichet, La Baule joue les stars d’une presqu’île où l’on croque en sel mille régals et merveilles : villas classées, hôtels au charme suranné, allées de pins et confiseries au beurre salé…

Dites simplement à vos amis que vous partez pour La Baule et vous verrez leurs yeux s’allumer, de connivence ou de critique aiguisée : remontent alors à la surface de la mémoire les souvenirs de vacances chez un oncle pêcheur à pied, les fous rires d’une grand-mère championne de croquet, les galettes bretonnes avalées en cachette et les courses folles entre les tentes de toile rayées, sur la plage, en fin d’été… Mais aussi parfois la jalousie, le complexe de ne pas s’y sentir accepté : La Baule peut se montrer un brin fière, elle qui pourtant abrite tout un univers de jeu et de mer, de vacances populaires. Il est vrai qu’ici s’entrecroisent tous les contrastes symptomatiques de la société : de gros 4X4 noirs paradent devant les vélos loués, le petit train se fraie un passage entre les rollers, les poussettes, et laisse passer des ribambelles de seaux, pelles, sacs à jouets, bateaux gonflables et planches à vagues… Tout le monde se mélange et creuse, saute, plonge, tout au long de la journée. Avant la plage, il y a les courses, au marché : tous les jours à La Baule, le mardi et le vendredi au Pouliguen, et le samedi à Pornichet. L’un est plus cher, mais parfois mieux achalandé, l’autre est plus typique, quand le dernier est meilleur marché… Celui de La Baule regorge de bars où il fait bon se montrer, retrouver des amis de longue date ou simplement observer, d’un œil amusé, le ballet d’une certaine société. On vient y parader toute l’année, même en hiver, quand la France entière croule sous la pluie et le gris – d’un coup de TGV cinglant, depuis Nantes, Rennes ou Paris, on s’embarque pour une thalasso et on débarque là, chez l’Ecailleur, aux environs de midi, pour s’enivrer d’huîtres fraîches et de Muscadet, dans un vacarme gai et vibrionnant s’il en est.

UN MUSÉE D'ARCHITECTURE BALNÉAIRE
Pour les amateurs d’architecture, La Baule, Le Pouliguen et Pornichet offrent un tout autre charme : celui de leurs villas, formidable catalogue d’un style résolument balnéaire, créatif, inventif, ouvert sur le vert et l’imaginaire. Prenez le temps d’arpenter au hasard les avenues et allées aux noms d’oiseaux et de fleurs, de femmes et de musiciens. Les plus anciennes datent de la fin du XIXe siècle, époque où commence la vogue des bains de mer, l’envie de santé marine. Les citadins se font construire de véritables palais, inspirés du Moyen Age d’abord : on voit fleurir de véritables manoirs, dotés de murs en pierre massifs, de tourelles et créneaux à peine allégés. Puis des cottages font leur apparition. Leur architecture s’inspire des résidences bretonnes ou anglo-normandes, de Deauville et de Cabourg. Puis des chalets, des mas, venus de la Provence ou du Pays basque, tournés vers le soleil, le culte des régions… La France se remet d’une première guerre et les maisons arborent des visages d’ailleurs, des rivages et des colonies, aussi. Jusqu’aux années 40, les styles se chevauchent, on voit s’ériger des monuments en forme de cube, de paquebot, avec des toitures plates et des lignes élégantes, toutes à l’épure, percés de fenêtres rondes, clins d’œil aux hublots transatlantiques. Saint-Nazaire n’est qu’à une dizaine de kilomètres. Et l’on se prend à rêver d’un voyage à bord de ces géants des mers, paquebots de la démesure…

Le Pouliguen, port du sel

C’était un petit port, installé au bord d’une grande baie de sable, au débouché d’un étier, bras d’eau canalisé par l’homme pour alimenter les précieux marais salants. Derrière le quai où les derniers chalutiers reposent auprès des voiliers, au pied des terrasses des restaurants et des cafés, les ruelles s’enchevêtrent et les maisons s’encastrent côte à côte ou dos à dos, s’ouvrant sur de petites places et de minuscules jardinets. On y vient en famille, flâner sur la promenade qui file jusqu’au phare, et pour y déguster une glace ou une Niniche, assis au bord de la plage du Nau. Les villas ont été préservées. Elles composent une barre d’élégance, jusqu’à la pointe de Penchâteau. Quelques oiseaux viennent pêcher pour nourrir les nichées qu’ils ont laissées à l’abri des marais, sous la protection des paludiers.

Infos Pratiques

CARNET DE BORD
Accès

*De Rennes : N 137 direction Nantes, puis N 171 par Blain, Saint-Nazaire et La Baule.
*De Quimper : N 165 jusqu’à La Roche-Bernard, puis D 774 jusqu’à Guérande et La Baule.

A voir
*Le Musée des marais salants - Batz-sur-mer.
*Escale Atlantique Saint-Nazaire

Carte
*IGN 1/25 000 - 1023 OT La Baule/Parc Naturel Régional de Brière.

ADRESSES UTILES
*Office de tourisme de La Baule
Tél. 02 40 24 34 44 - www.labaule.fr
*Office de tourisme Le Pouliguen
Tél. 02 40 42 31 05
*Office de tourisme de Pornichet
Tél. 02 40 61 33 33

Où dormir
*Hôtel Saint-Christophe
La Baule - 65 à 121 € - Tél. 02 40 62 40 00
*Hôtel Villa Flornoy
Pornichet - 68 à 98 € - Tél. 02 40 11 60 00

Où manger
*L’Etoile
Sur la plage de La Baule - Tél. 02 40 24 44 81
*L’Embarcadère
Avenue des Lilas à La Baule - Tél. 02 40 11 31 31
*Le Market
Sur le marché du Pouliguen - Tél. 02 40 62 21 02

EXTRAIT DU MAGAZINE
TERRE DE BRETAGNE HORS SERIE N°3

 

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