La Vilaine

Un fleuve sauvage coule vers la mer

Publié le 29/05/2007
© Texte et photos Didier Houeix

Carnet de route

La Visnonia… Ainsi la nommaient les Romains. La Vilaine, ne l’oublions pas, est, après la Loire, le plus grand fleuve sauvage de Bretagne. Un fleuve qui cache bien son jeu, discret, mais dont les rivages, de Redon à La Roche- Bernard, se révèlent bien adaptés pour une excursion au bord, et sur l’eau.

Redon n’intéresse guère les médias. À moins de la voir envahie par les eaux comme ce fut le cas en 2001, inondations restées dans les mémoires parmi les plus graves de la ville. Et pourtant, Redon mérite votre intérêt pour son “mois du marron”, manifestation colorée, reflet d’une âme, celle des conteurs de pays, et qui sent bon la châtaigne grillée (du 1er au 30 octobre). Située au carrefour de trois départements, Ille-et-Vilaine, Morbihan et Loire-Atlantique, la ville voit donc passer les voyageurs qui se rendent vers le sud, Vannes ou La Baule. Mais Redon possède une superbe église romane, Saint-Sauveur, et un très pédagogique musée du transport fluvial. Redon, c’est aussi le point de départ de notre excursion en voiture. Elle permet de découvrir un fleuve magnifique : la Vilaine. La balade mène aux portes de l’Océan, à La Roche-Bernard, petite cité de grand caractère, jusqu’à Billiers, là où les eaux de la belle se mêlent à celles de l’Atlantique. La Vilaine porte mal son nom, car elle est belle et exotique. Des loueurs de pénichettes l’ont compris : ils proposent de remonter le fleuve, vers Guipry, ou de le descendre en direction de la mer. Par la route, c’est différent, mais très plaisant : rien de plus simple que de suivre ses méandres et ses contours. Prenez Vannes à la sortie de Redon, puis direction Muzillac.

ELLE PREND SA SOURCE EN MAYENNE

Vous êtes sur la D 20. Une fois passé Béganne, une première halte s’impose au petit port de Foleux, étape champêtre, idéale pour pique-niquer. Le cliquetis des drisses de voiliers donne le “la” de… “La mer n’est pas loin”. Avec un peu de temps, embarquez toute la famille pour une promenade en canoë sur les estiers du Trévelo à la cale de Neptune. De Foleux, il vous suffit de suivre un brin de D 20, puis de D 148 vers Marzan et La Roche-Bernard. Rejoignez Arzal et son barrage, en passant sur la Vilaine par le vieux pont. Ah, oui ! Des ponts, La Roche-Bernard en a connu beaucoup : le plus original fut celui monté par les alliés en 44-45, avec des canots fixés les uns aux autres. Les piliers du vieux pont de pierre témoignent du souci constant d’enjamber le fleuve à cet endroit précis, pour assurer les échanges commerciaux entre Nantes et le sud de la Bretagne. Enfin, le plus récent, le pont du Morbihan est une voie rapide, suspendue au-dessus du vide aquatique. Nous prendrons le vieux pont à haubans, ouvrage d’art plus typique et dont la vue aérienne sur le port et le fleuve en épate plus d’un. Les amateurs de barrage feront une pause à Arzal. Construit en 1970, il devait faciliter l’alimentation en eau des populations de Saint-Nazaire à Quiberon : ça fait du monde ! À l’autre bout de l’estuaire, rive droite, c’est la pointe de Pen Lan et Billiers, station balnéaire ; rive gauche, la pointe du Halguen, Tréhiguier, ses élevages mytilicoles et la Mine d’or de Pénestin. Entre les deux, la Vilaine, partie de Mayenne où elle prend sa source, finit sa course ici, après avoir traversé quatre départements, en vous offrant la plénitude d’un soleil couchant, sur ses eaux océaniques.

La Roche-Bernard, Petite, mais costaude !

Il se fait appeler Bernhart. Normal, il est “fort comme un ours”, traduction de son nom de Viking. Son drakkar file doucement sur les eaux d’un fleuve, inconnu mais bien tranquille, en comparaison des tempêtes qu’il vient d’essuyer. Et lorsqu’il aperçoit ce promontoire rocheux dont il ne pouvait soupçonner l’existence, Bernhart décide d’y établir son camp pour une nuit. Il y restera plus longtemps, vous vous en doutez : au point d’y bâtir un donjon et de donner son nom à la cité. Il précède de quelques siècles, de 919 à 1629, Richelieu, qui décide la construction de chantiers navals et du tout premier vaisseau à trois ponts de la Royale, La Couronne. Pour mieux comprendre l’histoire de La Roche-Bernard, laissez-vous tenter par une promenade dans les venelles, et jouez à la sentinelle aux aguets sur le rocher du Ruicard. L’ancien port connut un florissant commerce de bois et surtout de sel. La rue de la Saulnerie, d’anciens greniers à sel et la douane témoignent de cette activité essentielle de l’estuaire. Pour vous faire une réelle idée de ce que représente tout au long de la grande histoire de France cette petite cité courtisée par les stratèges militaires et commerciaux, rendez-vous au Musée de la Vilaine maritime.

Infos Pratiques

CARNET DE BORD
Accès

*De Rennes : D 177 jusqu’à Redon.
*De Vannes : N 165 jusqu’à La Roche-Bernard.

A voir
*Le Musée de la Vilaine maritime
*Le barrage d’Arzal
*La Maison de la mytiliculture à Tréhiguier

Carte
*IGN 1/25 000 - 1022 OT La Roche-Bernard/ Parc Naturel Régional de Brière

ADRESSES UTILES
*Office de tourisme de Redon
Tél. 02 99 71 06 04
www.redon.fr - www.tourisme-pays-redon.com
*Office de tourisme de La Roche-Bernard
Tél. 02 99 90 67 98
www.roche-bernard.com - www.pays-muzillac.fr

EXTRAIT DU MAGAZINE
TERRE DE BRETAGNE HORS SÉRIE N°3

 

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