Lacoste

A l’assaut du château

Publié le 04/05/2007
© Texte et photos Laurent Meyer

Village
C’est en fin de journée, alors que les rayons de soleil rasent les ruines du château et rougissent la plaine, que vous apprécierez pleinement la beauté du site. L’histoire du village est quant à elle un peu moins belle : un massacre et un marquis pervers. En 1545, le baron Meynier d’Oppède fait le tour des villages du Luberon chassant “l’hérétique Vaudois”. Au nom de la foi catholique, les soldats tuent, violent, pillent et brûlent. A Lacoste, Vaudois et Catholiques subissent les exactions… sans discrimination. Mais la célébrité du lieu reste sans conteste le marquis de Sade. Louis Alphonse Donatien de Sade reçut en héritage le château de Lacoste, datant du xie siècle. Habitant Paris avec sa femme, il fut très vite inquiété par les conséquences de son extrême perversité. Empri-sonné six mois après son mariage, puis très vite libéré, il passa alors sa vie entre Lacoste, Paris et la prison. Le château qu’il fit aménager à son goût, fut pour lui un refuge où la pression des autorités était moins importante. Sa qualité de noble et de châtelain lui assurait un sentiment de force et d’impunité face à sa sexualité troublante. Echappant de peu à la guillotine lors de la Révolution de 1789, et vieillissant, il vendit le château qui tomba rapidement en ruine. Les plus belles pierres servirent dès lors aux constructions du village. Si le château s’est dégradé au fil des siècles, le village à l’aspect médiéval semble être resté tel quel avec ses remparts, ses portails, ses calades, son beffroi. Le caractère perché et la richesse architecturale font le succès de Lacoste.

Le renouveau de Lacoste…

Au début des années 1970, une école d’art américaine fut fondée à Lacoste par le peintre Bernard Pfrien, ami de Marx Ernst, Man Ray et Cartier-Bresson. Elle permit la restauration et l’entretien de dix-huit vieilles maisons du village, constituant aujourd’hui le patrimoine de l’école : le Savannah College of Art and Design. Elle se consacre essentiellement à la sculpture. Le vieux château en ruine du marquis de Sade bénéficie, quant à lui, des faveurs du grand couturier Pierre Cardin qui l’a racheté. S’affirmant d’un caractère totalement différent de celui du Marquis, il organise la restauration du château pour en faire dans le futur… sa résidence secondaire ainsi qu’un musée consacré au marquis de Sade. Depuis quelques années, sous la direction d’Eve Ruggieri, un festival lyrique se déroule de la mi-juillet à la mi-août sur le plateau jouxtant le château et ce, dans les anciennes carrières de pierres de molasse.

Infos Pratiques

PAS A PAS
Que vous débutiez votre promenade de la placette de la mairie (petit parking et café) ou de la place de l’église Saint-Trophime à proximité de la Poste, vous serez irrémédiablement attirés vers le haut du village et son château ou du moins ce qu’il en reste. Au gré de votre montée, vous arpenterez des ruelles caladées (pavées de pierres disposées verticalement). Peu pratiques pour les dames chaussées de talons hauts, les calades préservent efficacement les sols pentus de l’érosion, tout en leur donnant beaucoup de charme. Au bout de ces rues, au nord et au sud, quatre portails fortifiés sont toujours là. Ils permettaient l’accès au village autrefois ceinturé de remparts. On retrouve sur quelques maisons du village des restes du château : pierres, portes, encadrement,… Le château cédé par le marquis de Sade fut démonté pierre par pierre au xixe siècle par un de ses anciens domestiques afin de les revendre. En prenant de la hauteur, vous découvrez la plaine du Calavon en direction d’Apt. Sur le flanc du Luberon, le village de Bonnieux, perché lui aussi. Dominant les toits de Lacoste, le campanile ou tour clocher est visible depuis de nombreux lieux. La partie haute de la tour laisse peu de prise au vent. Elle est constituée de ferronnerie comme très souvent en Provence, pays du mistral, l’un des trois fléaux de la région après la Durance et le Parlement, au dire des provençaux. Vous voilà sur le plateau, dominant le village. Le château du “divin” marquis fut acheté par André Bauer en 1952, qui s’attacha à sauver ce qui pouvait l’être et à le reconstruire peu à peu. A sa mort, il fut géré par une fondation qui, devant les difficultés, le vendit à Pierre Cardin. En redescendant dans le village, en contrebas, un temple protestant atteste de la présence vaudoise dans ce pays. Plus bas encore, sur la route de Bonnieux, un superbe lavoir ombragé vous rappelle que l’eau est un bien précieux dans ce Luberon si sec.

PRATIQUE
Accès

*Sur la nationale 100, au niveau du rond-point à proximité du village de Goult, prenez la D 36, puis la D 108 (vous bénéficiez ainsi d’une jolie vue sur Lacoste en arrivant de la plaine).

A voir
*Le château, de jour et de nuit (illuminations)
*Le panorama sur la plaine du Calavon, Bonnieux
*Le Mont Ventoux et les Monts de Vaucluse
*Les ruelles caladées et les vieilles maisons du village
*Le campanile en fer forgé, la tour de l’horloge, la porte de la garde et le portail des chèvres
*L’église Sainte-Trophime du XIIe siècle
*La fontaine et son lavoir sur la route de Bonnieux

Dans les environs
*La chapelle Saint-Véran

ADRESSES UTILES
*Office de tourisme - Tél. 04 90 75 91 90
*Mairie de Lacoste - Tél. 04 90 75 84 97
*Festival lyrique - Tél. 04 90 75 93 12

Où manger & dormir
*Domaine de Château Edem sur la D 106 en direction de Lumières et de la N 100 ; visite, dégustation et vente de vin,
tél. 04 90 72 36 02.
*Le Café de Sade, gîte d’étape, café, restaurant.
Tél. 04 90 75 82 29

EXTRAIT DU MAGAZINE
TERRE DE PROVENCE N°28

 

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