Oran

L'Andalouse

Publié le 30/01/2013
© Bernard GIANI

Oran berceau de mon enfance, Oran me fait oublier mes souffrances. Ô toi qui pars pour mon pays, dis-leur d’en prendre soin. Je n’oublierai jamais mon pays, ma terre et celle de mes ancêtres...”, Ahmed Wahbi. En atterrissant à l’aéroport Es-Senia, on survole le grand lac salé et ses étendues ocre à perte de vue. Au fond se détache Santa Cruz et la montagne du Murdjadjo. Sur la droite on passe devant la montagne du Lion qui surplombe la côte rocheuse de Christel. Oran, c’est un accent chantant, une gouaille que l’on pourrait comparer à la verve marseillaise. Mais Oran puise d’abord son identité de la culture arabo-andalouse. La deuxième ville de l’Algérie vit à la belle saison jour et nuit. Il règne ici une douceur de vivre que les années noires n’ont pas réussi à entamer. Waran aime la fête et le revendique haut et fort. Il suffit d’observer le rond-point du Sheraton le soir venu pour s’en convaincre. Noria de véhicules qui s’arrêtent dans un joyeux tintamarre pour prendre quelques photos, feux d’artifices ponctuant ces retrouvailles. Tout concourt à rappeler cet état d’esprit omniprésent.

Un kaléidoscope
très animé

De M’dina Jdida aux pêcheries, en passant par l’ancien quartier de Saint-Eugène, Gambetta, La Bastille, la place d’Armes, le Derb, Sidi El Houari le cœur originel de la cité, ou encore le Front de mer, Oran vibre d’une joie de vivre unique dans toute l’Algérie. C’est ici que les mariages sont parmi les plus festifs. Dès la belle saison, les cortèges traversent la ville au son des Karkabous. Il ne se passe pas un jour sans que les musiques ponctuent les soirées. Feux d’artifices, pétards, youyous, l’ambiance est à la joie. Les salles de fêtes sont légion dans tous les quartiers. Mariages, cérémonie du henné, il faut s’y prendre à l’avance pour avoir le privilège de pouvoir réserver la salle de ses rêves. Les Oranais sont avenants. Égarez-vous dans la cité et vous serez surpris de l’empressement de ceux-ci à vous montrer le bon chemin. Ici on goûte l’art de vivre au quotidien. Quel bonheur que de s’attabler à un café place d’Armes, dans M’dina Jdida ou même plus au calme, au Bon Coin à Saint-Eugène, face au jardin paisible. Oran, berceau du raï : Cheb Mami originaire d’El Hamri, quartier de la périphérie de la ville en est l’une des figures de proue. L’histoire de la cité s’écrit aussi le long de l’incontournable front de mer. On y devine au large les côtes espagnoles. On y flâne le soir en famille ou entre amis en dégustant une glace. Espace balayé par la brise marine, on s’y ressource du brouhaha de la cité en contemplant l’horizon d’un bleu azur. À l’extrémité de ce lieu mythique, l’amour du foot que nourrissent les Oranais est illustré par le café restaurant Barcelona aux couleurs du club le plus célèbre au monde. Ne parlez pas du Réal Madrid à un Oranais, vous allez le fâcher. Mais ici on se partage surtout entre l’ASMO et le MCO. Les derbys donnent lieu à de brûlantes confrontations entre les deux mouvances. À l’extrémité, on dépasse le Théâtre de Verdure, avec son parc ombragé, appelé autrefois le petit Vichy, pour plonger vers les pêcheries. Pointus, bateaux s’y mêlent dans une joyeuse ambiance de retour de pêche. Jouxtant les quais, de nombreux restaurants offrent des grands plats de poissons grillés ou frits. Soles, calamars, pajots, rougets, on se régale de cette pêche artisanale sans pareille. Au retour, on admire le fort Lamoune, édifié en 1742 par les Espagnols avec son imposante silhouette rougeoyante.

La mer
omniprésente

Dès la fraîcheur du soir tombée, les terrasses des cafés bordant le front de mer se remplissent. La mer est l’une des composantes fondamentales de l’esprit oranais. Qu’il contemple celle-ci du front de mer ou qu’il se déplace aux Andalouses, à Madhagh, ou vers Christel à l’est, la Méditerranée constitue son ressourcement. Il se sent en osmose avec elle. Autre intérêt de la ville, sur la place d’Armes, l’opéra d’Oran où se sont jouées Elalga, Homk salim et d’autres œuvres, retrouve sa vocation avec des créations théâtrales. Le week-end, on se presse aussi à la montagne du Murdjadjo, après avoir fait un tour à Santa Cruz, vestige imposant du passé chrétien ou au mausolée Sidi Abdel Kader Jilali. De là, la vue sur Oran est époustouflante. Du port de commerce à la proue vitrée du Sheraton, on contemple cette métropole aux couleurs vibrantes, exhalant un parfum de vie sans cesse renouvelé. Plus haut, au sommet du Murdjadjo, on profitera des pinèdes ombragées pour pique-niquer en famille. 

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