Ponte-Leccia

Loin de la mer.

Publié le 17/10/2012
© Texte Anna Grazi Photos Robert Palomba

Carnet de route

Carrefour des réseaux routier et ferroviaire, Ponte-Leccia s’ouvre vers l’intérieur. Après la D247 que l’on trahit avant qu’elle n’emporte en Giussani, on file à Castifao. La route danse dans l’univers chaotique et rocailleux, entre montagnes rases et collines ondulant sous le maquis. Érigé en gradins au-dessus de Tartagine, le village baigne dans une cohésion architecturale d’où émergent l’église Saint-Nicolas, les ruines du couvent San Francescu di Caccia. Édifié en 1510 par les franciscains dont la devise était “prière et pauvreté”, c’est ici que se réfugièrent des rescapés de la bataille de Ponte Novu les 9 et 10 mai 1769. Dans ce même couvent, de 1772 à 1774, les patriotes capturés ont subi la question ordinaire et extraordinaire par l’une des quatre juntes militaires avant d’être déportés vers les bagnes de Toulon. Proche de Castifao, où les murailles dessinent le paysage coloré de ruches, la Torra di Paganosa, haut bâtiment carré côtoyant les terres autrefois plantées de moulins et mûriers pour la culture du ver à soie. À 4 km des gorges de l’Asco, Moltifao. Étagé en amphithéâtre, Moltifao est connu pour ses tortues réunies dans un village, - œuvre du Parc naturel - ses demeures aux arcades et portes sculptées, les peintures murales de l’église de l’Annonciation. La vallée s’entoure de hautes montagnes et le long de la route, la rivière, serpentant avec ses berges et “pozzi”, trous d’eau pure, emporte à Ponte-Leccia. Après la N 193 direction Corte, la D 18.
Édifié sur une crête, Popolasca montre l’originalité, sa grotte naturelle changée en salle des fêtes ! Dans cette Corse rocheuse, cuivrée, le paysage envoûte tellement que... depuis des années les habitants de Popolasca et Castiglione se livrent une guerre revendiquant les mêmes aiguilles. Déchiquetées, les dents rouges appartiennent à Castiglione même si tout le monde prétend le contraire. Alors, Castiglione se console avec son eau miraculeuse de Vetta di Muru. À 1 750 m, l’éreintante ascension révèle la source, découverte au Moyen Âge par un moine, et guérissant les rhumatismes. En attendant l’ouverture des gîtes municipaux, le village vit au pied de son clocher, la Stretta, Terrognu... Après le village, occupant selon Ptolémée l’emplacement d’un oppidum préromain, de nouveau la route. Aux quatre chemins, direction Prato di Giovellina. Sinueuse, la d 118 avale arbousiers, chênes et maquis. Typique, le village à étages, s’égrenant en hameaux, s’étire dans son manteau changeant. On amorce la longue descente, glisse vers Francardo, puis Ponte-Leccia.

 

 

 
 
INFOS PRATIQUES

 

PRATIQUE
*Départ : d 274, croisement droite N 1197 et N 197
*Arrivée : Ponte-Leccia
*Durée : une demi-journée
*Mairie de Ponte-Leccia - Tél. 04 95 47 62 60

EXTRAIT DU MAGAZINE 
HORS SERIE CORSE N°4

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