Saint-Malo

L’aventure aux pieds des remparts

Publié le 15/04/2008
© Texte et photos Didier Houeix

Carnet de route
Saint-Malo, dans son écrin de remparts et de granit, attise les envies de grand large. Intra-muros, ses habitants ont bâti la légende d’une cité habitée d’aventuriers qui, de toutes les époques, ont écumé les océans du globe. Visite d’un fief de l’aventure.

20 jours seulement après son départ, le Malouin Jacques Cartier atteignait les côtes de Terre-Neuve. Ainsi est né l’esprit qui plane au-dessus des murailles de Saint-Malo. C’est en effet derrière ces murs que l’on élabore depuis toujours des rêves d’aventure. Aventure économique (le café de Moka au Yémen, la pêche à la morue sur les grands bancs), aventure humaine (les expéditions polaires de Charcot), aventure sportive (la Route du Rhum). Pour comprendre Saint-Malo, prenons de la hauteur. La photographie aérienne page suivante résume le caractère trempé et surtout bien muré de la cité corsaire. Un promontoire bâti sur un rocher comme il en existe des dizaines dans les parages. Défensif, il dégaine ses lames pour mieux faire comprendre qu’il serait vain de s’y frotter. On associe à Saint-Malo le nom de cité corsaire, car c’est avec d’intrépides boucaniers que le port se rendra célèbre. Le xviie siècle verra l’apogée de ces hommes et parmi eux, Duguay-Trouin et Robert Surcouf. Sur les remparts, vous découvrirez la statue du premier à l’angle du bastion Saint-Louis et vous ne pouvez rater celle du second : il pointe son doigt vers l’horizon qui nargue chaque matin les Malouins au petit déjeuner. Voilà pourquoi ça les démange. La promenade des remparts est inévitable : elle met en scène cette vision grandiose de la mer si particulière à Saint-Malo. Curieusement et malgré le déluge de feu de 1944, ils seront épargnés par les bombardements alliés qui dévastent le port et l’intra-muros. La balade est facile à réaliser : compter une heure pour en faire le tour évalué à un mille marin (1852 m). Du parking du Grand Large, elle débute par l’une des trois portes (la Grande Porte, Saint-Louis ou Saint-Vincent) qui font face au bassin Vauban. Il accueille tous les quatre ans les bolides de la Route du Rhum. Du quai de Dinan, vous passerez sous la voûte de la porte de Dinan. Enfin rien ne vous empêche de prendre votre sac de plage et de vous baigner. La plage Bon Secours, sa piscine d’eau de mer et son plongeoir, la plage du Môle, la plage de l’Eventail, et l’immense plage du Sillon vous attendent.

Des forteresses en pleine mer
Des remparts, il est impossible de ne pas les voir. Les forts qui défendent Saint-Malo sont situés à l’ouest car c’est de là que vient le danger. Le plus proche c’est le fort National. C’est le plus accessible, à pied et à marée basse. Le plus éloigné de tous, le fort de la Conchée, a des allures de fort Boyard. À deux milles au large, Vauban avait fait bâtir ce fort pour ver-rouiller l’entrée de Saint-Malo. Il accueillait 200 hommes et était doté de 10 canons très puissants montés sur rails. Endommagé lors des bombardements de 1944, une association a entrepris de le sauver. Harbour et le Petit Bé sont les autres forts remarquables mais le Petit Bé ne fut jamais achevé. Des remparts, avec ou sans jumelles, on remarque sa porte ouverte aux courants d’air et sans pont-levis.
Les corsaires, Trouin et Surcouf
On associe à Saint-Malo le nom de cité corsaire, car c’est grâce à d’intrépides boucaniers que le port se rendra célèbre.Qui sont-ils, ces mythes dont les statues trônent à Saint-Malo ? René Trouin, sieur du Gué, dit Duguay-Trouin est né en 1673 d’une famille de marins. Il embarque sur un navire corsaire dès 16 ans, devient capitaine corsaire à 18 ans et capitaine de frégate de La Royale à 24 ans. Ses années de commandement ne seront qu’une suite de victoires sur les flottes anglaise et hollandaise. Né un siècle plus tard en 1773, Robert Surcouf fut négrier à l’île Maurice avant d’être capitaine corsaire à 22 ans et armateur à 26. La guerre de course a été officialisée par Colbert en 1681 avec l’édition d’une ordonnance qui en fait une activité légale au profit du royaume et de ceux qui la pratiquent. Ce qui était auparavant considéré comme un acte de piraterie devient alors une stratégie militaire.

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