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San Giovanni di Moriani

La malédiction de la Bellafiora

Publié le 03/10/2008
© Texte Anna Grazi Photos Bernard Giani

Village

A nouveau, une belle destination dans les terres avec un bout de mer. Depuis la citadelle de Loreto di Casinca, quelques envolées sur la route des villages-rochers avec pour horizon la mer et son bleu tantôt vert, anthracite, paon ou mauve. Changeante comme le vert boisé des montagnes, brun pelé, orange doré ou teintes carminées, la mer est toujours au bas des côtes, collines et sommets, à la fois complice et rivale. Patrimoine architectural, religieux, archéologique, préservation des richesses naturelles, légendes tenaces, tourisme vert... San Giovanni est un exemple pour la Costa Verde, pour n’avoir jamais cédé à la tentation de tourner la page du passé, ou défigurer son expression. Ici, on est fier du patrimoine, on croit fort en l’avenir du village qui malgré un peu plus de quatre-vingt habitants, multiplie les projets, embellit l’existant en sublimant le sens communautaire au sein de la ronde des hameaux de Casone, Cioti, Reghjetu, Serra, Tribbiolu, Serrale. San Giovanni a plus d’un trésor dans ses pierres, livres d’histoire pour celui qui prend le temps. Pierres des grandes bâtisses aux toits de schiste, pierres des églises, des escaliers, fontaines et moulins, pierres des ponts et murets... Toutes restituent les gestes du monde rural des “paesani”, affairés dans les lopins de terre entre semailles, battage du blé, et récoltes des châtaignes, noisettes, olives ou genêt pour la confection de balais. San Giovanni préserve son environnement, soigne les randonneurs depuis la réouverture de sentiers et chemins balisés, d’autant que la Costa verde est au cœur du réseau de sentiers mis en place par le Parc Naturel Régional, et plus particulièrement sur l’itinéraire “Mare a mare” nord reliant Moriani à Cargese (par Corte), nommé “Proche des plus hauts sommets” et se réalisant en douze jours. Lorsque l’on parle patrimoine, l’on évoque le “Castel vecchiu”, là où a été découverte une grande jarre datant du néolithique, et retrouvés dans une grotte, divers objets, dont céramique, obsidienne, quartz, amulette. San Giovanni et ses mystères...

LA MALEDICTION DE LA BELLAFIORA
Comment ne pas évoquer la malédiction de la Bellafiora, qui, au Moyen Age ténébreux, terrassa tous les hommes du village. Débarquée sur la plage de Padulella avec des embarcations occupées par des femmes, Bellafiora est la seule à refuser de prendre un homme de la pieve pour époux. Ne supportant pas l’affront, un prétendant enlève la “belle fleur” présentée comme la reine. Ligotée, elle tombe du cheval alors que son chevalier peu servant franchit la rivière. Avant de se noyer, elle a le temps de maudire la gent masculine. Au matin, le ravisseur périt d’une maladie au talon, de même que tous les hommes du village. Pensant à une maladie contagieuse, les survivants se retranchent à San Mamilianu. La légende du talon “calcagnetta” n’en dit pas davantage, si ce n’est l’amoncellement de crânes et ossements humains retrouvés sur le site... Chaque année, San Giovanni s’invite au festival polyphonique “Settembrinu”, déroulant une de ses nuits à San Mamilianu. Le village revit alors le feu de la communion des voix, et des feux de voix il y en a, déployés par des musiciens et chanteurs cubains, corses, tziganes ou africains. San Giovanni aime les voix, San Giovanni aime l’art, comme l’atteste le ballet de peintres et sculpteurs enchantant régulièrement les villageois.

Infos Pratiques


PAS A PAS

San Giovanni vit le développement vert, le tourisme intégré, une voie non aisée lorsque l’on opte pour la préservation du paysage. Et dans cette nature indemne, les eaux pures du Bucatoghju et du Petrignani font la fierté des habitants, ravis du sentier botanique valorisant la forêt de buis - l’une des plus remarquables d’Europe - d’ifs et houx (Galga nera). Source d’enrichissement grâce aux panneaux informant sur les variétés d’arbres, arbustes et plantes herbacées, le sentier botanique se découvre en une promenade de plus de deux heures déclinant ses lacets par le hameau de Cioti, la maison de la comtesse Cervoni, la chapelle Sainte-Marie, la route
“U Casone” avec sa superbe table d’orientation, la chapelle San Mamilianu, avant d’achever sa boucle par “U Castellu vechju”, le hameau Serrale, et la chapelle Saint-Laurent.

PRATIQUE
Accès

*De Loreto di Casinca, direction Castellare. RN 198, vers Moriani. 2 km plus loin, San Nicolao, D 330 et D 134. A 5 km de San Nicolao.

A voir
*Eglise baroque Saint-Jean aux pierres brunes datant du XVIIe
*Confrérie Sainte-Croix
*Eglise San Nicolao
*Chapelle Sainte-Marie
*Chapelle “Notre-Dame des sept douleurs”
*Chapelle romane San Mamilianu. Probablement fondée en 936 à Cioti, elle réunissait les fidèles le 15 septembre. De l’oratoire, on allumait un grand feu près de l’abside, signal auquel répondaient les villages voisins. Au même moment, Monte Cristo et Elbe s’illuminaient.

ADRESSES UTILES
*Office de tourisme de la Costa Verde
A Moriani-Plage - Tél. 04 95 38 41 73

Les bons plans
*Festival des voix “Settembrinu”, en septembre, comme son nom l’indique. Organisé depuis trente ans par le Tavagna Club dans la toute proche Tavagna - Tél. 04 95 36 91 94

Où manger & dormir
*Restaurant “E catarelle” - Tél. 04 95 38 51 64
*“A Cava” - Tél. 04 95 38 51 14
*Gîtes ruraux “Luna piena” (information mairie)
Tél. 04 95 38 52 68

EXTRAIT DU MAGAZINE
THEMATIQUE N°1 TERRE DE CORSE

 

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